Entretien avec Patrice Franke, general manager Audi: « La nouvelle TT S va conforter notre image déjà très positive”.


La marque aux anneaux Audi, est arrivée au salon avec l’ambition de conforter sa position dominante sur le segment Premium. Patrice Franke, general manager d’Audi, a bien voulu nous recevoir pour nous en parler.

Dans quel état d’esprit Audi Algérie arrive-t-elle au salon de l’automobile ? :

Dans un esprit d’espoir, d’attente et d'optimisme, puisque l’espoir c’est de vendre le plus de voitures possible. Parce qu’on sait que traditionnellement  ce marché est un marché fortement saisonnier. Tout se joue quasiment dans les 6 premiers mois de l’année. Donc, on s’est bien préparé pour cet événement en venant avec une offre de produits que nous estimons nécessaire pour bien réagir à la demande. Cette production a eu lieu en octobre, novembre, décembre et janvier. Contrairement aux autres années, où on a produit plus tard. Au niveau des prises des commandes, on est assez agréablement surpris, car nous avons progressé d’environ 35% en termes de prises de commandes, par rapport aux mêmes jours de salon de l’année  dernière.  La seule frustration provient du fait que nous n’avons pas pu exposer la nouvelle A6, qui est encore au port de Jijel au moment où je vous parle. En revanche, nous sommes très fiers et heureux de présenter la nouvelle TT même si le modèle exposé ne correspond pas complètement à celui que nous commercialiserons dès les prochains jours.

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Aujourd’hui, vous êtes la référence dans le segment haut de gamme, puisque vous occupez une place confortable de leader, néanmoins ce segment tarde, au regard du volume de marché, à trouver sa véritable place. Selon vous, qu’est-ce qui empêche le haut de gamme de se développer ?

- Il y a effectivement plusieurs facteurs qui l’empêchent à se développer. Premièrement, il faut du temps pour un marché pour atteindre la maturité. Les automobilistes passent au fil du temps, d’un segment à l’autre en allant bien évidemment dans l’ordre croissant. A un certain âge, ils arrivent aux segments hauts de gamme. Certains, passent de nombreuses années chez les marques généralistes avant de pouvoir accéder à la catégorie Premium.  A mon avis, une fois que le marché des marques généraliste atteint un certain niveau de maturité, cela ouvrira d’autres possibilités aux segments haut de gamme pour s’exprimer davantage. Ensuite, il est impératif pour nous de susciter et d’encourager la clientèle que nous voulons atteindre à nous rejoindre, par un positionnement prix qui corresponde au marché. Sur ce point, je pense que nous avons bien travaillé, et les chiffres sont là pour en témoigner. Nous avons enregistré une croissance  qui nous a permis d’atteindre le double du volume que la marque réalisait, il y a à peine quelques années. Aussi, il convient d’ajouter qu’une bonne présence à travers ce vaste pays est nécessaire pour croître encore davantage. Aujourd’hui, notre grande faiblesse réside dans le réseau de distribution. Le problème c’est que nos standards sont tellement élevés que sur certaines régions, ce serait improductif pour la marque. Nous avons donc fini par nous décider à installer des points de représentation avec un compromis entre le niveau du standard et les exigences du marché. Je veux dire par là que nous n’allons pas reproduire l’infrastructure que nous avons érigée à Alger, en revanche, nous serons intraitables sur la qualité de service qui doit être irréprochable, tant au niveau de la réception des clients que dans le traitement en après-vente. Aujourd’hui, nous sommes forts sur Alger et Oran, et nous comptons installer la marque dans d’autres centres urbains avec des partenaires capables de trouver le bon équilibre entre les investissements consentis et le volume des ventes.

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Selon vous, qu’est ce qui distingue un client premium d’un autre. Est-ce son niveau d’exigence sur le produit, le service ou le relationnel avec ses interlocuteurs de la marque ?

C’est l’ensemble des facteurs que vous venez d’énumérer. Il est impératif d’être dès le départ à l’écoute du client. De comprendre ses besoins, d’établir un échange approfondi pour bien saisir ses préoccupations. Une fois que cela est fait, l’offre produit doit correspondre à ses attentes et même aller au-delà. Après, il y a chez les marques haut de gamme et chez Audi en particulier, un niveau de qualité sous lequel il est inconcevable de descendre que ce soit au niveau du showroom lors de la commande, ou au niveau de l’atelier, lors des opérations d’entretien et de réparation.

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Justement, en parlant d’écoute client, vous avez réussi à adapter l’offre produit de la marque sur le marché algérien et ça a donné le résultat que l’on connait. Est-ce que cette démarche va être poursuivie, sachant que dans le proche avenir, Audi, et les autres constructeurs ne pourront plus proposer des mécaniques aux normes Euro 3 ?

C’est sûr que notre offre d’aujourd’hui marche bien, mais c’est vrai qu’elle pourrait être plus variée. Donc aller plus encore dans les attentes des clients, pas forcément au niveau du volume, mais simplement au niveau des attentes des clients en termes de diversification de l’offre. Si on avait moins de contraintes techniques, qui sont des contraintes liées à la qualité nous aurions surement découvert un autre potentiel pour développer le marché. A ce titre, il faut savoir que les contrôles de qualité chez Audi sont drastiques, car il s’agit de l’image de la marque. Les ingénieurs contrôlent rigoureusement la longévité des voitures. Et si vous avez des contraintes qui font que cette longévité n’est pas garantie, comme par exemple la composition de l’essence, qui ne permet  pas d’importer des moteurs Euro5 ou Euro6, ces ingénieurs de qualité vont réduire l’offre, en disant que seuls les moteurs qui sont conçus pour cette composition d’essence seront exportés sur tel ou tel autre marché. Heureusement que la gamme va s’étende encore grâce au programme lancé par Audi qui consiste à investir plus de 6 milliards d’Euro dans les 3 ou les 4 années qui viennent, au niveau des produits pour étendre la gamme. Cela va nous permettre de compenser certains cas où d’un seul coup, on ne pourra plus disposer du moteur qu’il faut. La deuxième chose qui est intéressante, et je l’ai évoqué tout à l’heure, c’est le développement du marché premium. Pour que ce marché se développe, il faut des acteurs actifs. Aujourd’hui, nous ne sommes que deux !  Mercedes n’a pas la même stratégie que nous. Nous n’avons pas le même positionnement prix. Ils vendent un volume relativement abouti, avec un prix maximum. Leurs démarche n’est d’essayer de jouer sur l’élasticité. Nous notre politique, c’est d’aller plus largement dans le marché. Le jour où le 3ème gros concurrent va revenir, BMW, ça va nous faire de la concurrence et en même temps ça va augmenter cette acceptation pour le marché premium, parce qu’on ne peut pas obliger tous les gens qui veulent acheter premium, d’acheter Audi ou Mercedes. Mais une fois qu’ils sont rentrés chez BMW, certains vont muter vers les deux autres marques et inversement. Au final, l’offre devra se diversifier avec l’arrivée d’un troisième acteur, cela apportera certainement plus de dynamisme au marché haut de gamme.

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La richesse de votre gamme doublée du volume croissant que vous introduisez chaque année et les prévisions de croissance de la catégorie haut de gamme ne vous inquiète paradoxalement pas au regard de l’absence d’un réseau digne de la marque ?

-En termes d’entretien et de service, c’est sûr que la construction du réseau est aujourd’hui une de nos préoccupations les plus importantes. C’est la priorité principale. On y travaille d’arrache pied pour essayer de trouver des partenaires et faire en sorte qu’ils nous représentent dans de nouvelles régions. Comme je l’ai indiqué, nous avons revu à la baisse le niveau d’exigence en termes de représentation architecturale. Nous recentrons nos efforts sur des partenaires capables d’être à l’écoute des clients, de transmettre les valeurs de la marque et d’assumer leurs responsabilités sur le plan du service.

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Sur le salon, vous avez présenté l’Audi TT, c’est une voiture emblématique de la marque. Qu’est-ce que vous pouvez nous dire par rapport aux ambitions que vous avez pour ce produit ?

- La présentation de la nouvelle Audi TT correspond à notre ambition de conforter l’excellente image dont nous bénéficions. Quoi de mieux qu’une Audi TT pour ce faire ! Partant du constat que notre clientèle algérienne est férue de voitures sportives, nous avons saisi l’opportunité de présenter cette 3ème génération de la TT car elle est aujourd’hui considérée comme une ambassadrice de la marque. Vous savez, c’est la première fois dans l’histoire d’Audi que de nouvelles technologies sont inaugurées par la TT. Traditionnellement, c’est le rôle de l’Audi A8 et de la R8 d’étaler les nouvelles solutions techniques et le savoir-faire de la marque.  Cette nouvelle TT met en avant un châssis complètement nouveau, en aluminium trempé, favorisant ainsi le gain de poids. Elle inaugure aussi le Virtual Cockpit qui est une véritable révolution technique. Il s’agit d’un combiné d'instruments numérique à l'affichage détaillé et polyvalent qui remplace les instruments analogiques et l'écran MMI. Le conducteur peut commuter entre deux modes d'affichage de l'écran de 12,3 pouces entièrement numérique. Il permet au conducteur une facilité d’utilisation remarquable tout en restant concentré sur la route. Au niveau du style, certains détails sont inspirés de la R8 qui demeure un modèle hors normes ! La TT permet à ses clients de se rapprocher des valeurs de la R8 et de profiter d’une voiture sportive, résolument moderne et efficace à tout point de vue.

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Quelle est la définition de la TT qui sera commercialisée en Algérie ?

Nous avons bien compris que la clientèle algérienne exprime une demande très exigeante en termes de finition, quand il s’agit de modèles sportifs.   Nous avons donc choisi d’importer la TT S de 286 ch qui représente aujourd’hui ce qui se fait de mieux chez Audi car au regard du marché, la clientèle de ce type de modèles ne veut aucun compromis. Elle souhaite un niveau d’équipements supérieur avec le moteur le plus puissant. Comme c’est une niche, nous avons décidé de proposer un pur jus de la TT.

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Quel est le volume que vous comptez introduire d’ici la fin de l’année ?

- Pour ne pas tomber dans l’excès de précision, nous tablons sur un volume situé entre 2400 et 2500 voitures.

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Par rapport au cahier des charges, si il venait à être appliquer tel qu’il est connu aujourd’hui, est-ce que vous ne pensez pas que le marché prendrait de la hauteur et que ça va permettre à des marques comme Audi de gagner encore en parts de marché à la faveur d’un texte législatif, qui met le niveau de qualité, le niveau de sécurité…etc. assez haut ?

- je pense que c’est surtout ça le point le plus important, cette règlementation  va emmener davantage de qualité et de professionnalisme. Sa mise en place va permettre à la distribution automobile de franchir une nouvelle étape pour se projeter vers un avenir qui profitera, en bout de compte, aux clients. En ce qui nous concerne, je pense qu’il n’est pas nécessaire de rappeler que la marque Audi dépasse largement les exigences portées par le cahier des charges. Cela veut dire que nous allons continuer à œuvrer avec la même exigence qualitative, que nous nous somme toujours assignés tout en offrant une gamme de produits que nous voulons la plus proche possible des attentes de marché.  

 

 

 

 


Razmjena

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