Entretien avec Patrice Franke, General Manager Audi : « Un nouveau plan pour concrétiser nos ambitions »


Depuis son arrivée chez Sovac, Patrice Franke, General Manager de la marque aux anneaux, a initié une nouvelle approche du marché. Il nous en parle dans cet entretien qu’il a bien voulu nous accorder.

Vous avez initié une nouvelle démarche qui consiste en la refondation de la marque Audi, pouvez-vous nous en parler ?

L’une des premières actions que nous avons amorcée a touché directement les produits. Nous avons voulu repositionner tous les modèles de la gamme afin d’être plus en phase avec le marché. Par repositionnement, j’entends la définition des dotations équipements et le prix. Cela veut dire que l’effort que nous avons fait a consisté à adapter la gamme aux attentes du marché. Ce nouveau positionnement n’a pas influé sur les dotations des équipements qui sont encore plus fournies. Cela veut dire qu’aujourd’hui, la gamme Audi propose davantage d’équipements sans que cela ne se répercute sur les prix. Aussi, nous avons tenus à offrir les équipements qui correspondent le mieux aux clients comme le Bluetooth, le toit ouvrant, les suspensions adaptées aux conditions de roulage etc..., Par ailleurs, nous avons fait un gros travail sur la logistique afin de pouvoir répondre plus rapidement aux diverses demandes exprimées. Dans la région d’Alger, je peux sans crainte avancer que les délais de livraisons sont maintenant très raisonnables. Dans un proche avenir, cet aspect sera totalement maîtrisé pour revenir à des standards de fonctionnement normaux. Dans un autre registre, le réseau fait partie de nos préoccupations les plus importantes, que ce soit au niveau de la vente ou de l’après vente. C’est à ce titre que nous avons initié des cycles de formations au bénéfice de tous les collaborateurs qu’ils soient techniques ou commerciaux. Il est aujourd’hui devenu vital de disposer d’un personnel performant afin de répondre et de conseiller au mieux notre clientèle. Bien sûr, ce programme ambitieux nécessite du temps et je pense qu’il va nous falloir une année et demie à deux ans pour que nous puissions nous déployer de manière totalement efficace et homogène. Maintenant, il est vrai que sur notre site des grands vents nous sommes à un niveau de qualité très correct. Si nous devons subir un contrôle ou un audit de sanction, nous nous en sortirons haut la main. Seulement et par rapport à nos ambitions, cela reste insuffisant et c’est pour cette raison que nous avons établi notre plan de développement afin d’offrir la meilleure prestation possible à tous nos clients, partout sur le territoire national.

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Justement en parlant de couverture au niveau national, où en êtes-vous dans le développement de votre réseau et le maillage du territoire ?

Selon nos propres études et autres enquêtes que nous avons effectuées, il ressort que nous sommes arrivés à la conclusion qui stipule qu’avec 10 villes nous pouvons couvrir tout le pays. Sur ces 10 villes, nous comptons installer des plaques tournantes autour desquelles fonctionnera l’activité Audi. Pour être plus clair, je dirais que nous voulons installer des infrastructures dignes des standards de la marque sur le triple plan de la vente, de l’après-vente et de l’image. Autour de ces installations qui seront érigées dans 10 grandes villes, il y aura en fonction de la densité des clients, comme des satellites, de moindre envergure, mais capable de prendre en charge les attentes des clients. Cela aura pour conséquence de désengorger les sites principaux et d’offrir une proximité à nos clients. Ces sites de proximité, équipés d’atelier performants se fourniront en pièce de rechange auprès des sites principaux que nous appellerons « Hub ».  

Quelle est votre perception de la clientèle haut de gamme algérienne ?  En d’autres termes, est-elle similaire à celle que vous avez connue ailleurs ?

Fondamentalement, oui. La définition de la clientèle haut de gamme reste la même quel que soit le marché. Je dois dire que ce qui distingue cette clientèle, ce sont a mes yeux deux facteurs prépondérants, il s’agit de la notion de prestige de la marque et celle liée au plaisir de conduire. En Algérie, il existe une large frange de la clientèle qui est passionnée, elle est motivée par la technicité ou le plaisir de conduire. Les algériens aiment les belles voitures et savent se faire plaisir. Chez Audi, nous essayons de communier avec nos clients sur un comportement responsable. Il est certes capable de rouler vite mais aussi de laisser un piéton traverser.

Il est notoriété public que la marque Audi, tel un phénix a renait de ses cendres. C’est un label qui est repartis presque de zéro pour atteindre les résultats que tout le monde lui reconnait aujourd’hui. Son histoire a été marquée par un modèle né dans les années 1980, l’Audi 80. Existe-t-il aujourd’hui, un modèle qui se situe en droite ligne avec cette voiture ?

Ce qu’il faut savoir c’est qu’Audi est une des plus vieilles marque automobile et  dans le premium elle est considérée aujourd’hui, comme étant la plus jeune. Effectivement, l’Audi 80 a été un signal fort d’Audi qui a eu la géniale idée d’amener la notion de luxe et de raffinement dans le segment des compactes. A l’époque, je rappellerais que la notion de haut de gamme était confinée aux grosses berlines. En dévoilant l’Audi 80, notre marque a été à contre courant de ce qui se faisait à l’époque. Elle a proposé une voiture de taille moyenne, dotée d’attributs reconnus dans le haut de gamme. C’était l’introduction du luxe dans le segment des compactes. L’Audi 80 a été une rupture en amenant un style appelé Bauhaus, un mouvement architectural apparu entre les deux guerres. C’est un style qui a été une continuité et qui dure jusqu’à aujourd’hui. Ce style offre l’avantage de bien vieillir. Je peux dire que toutes les voitures qui sont arrivées après l’Audi 80 ont quelques choses de cette voiture qui a largement marqué son temps. Audi a créer par la suite d’autres icônes comme la TT et la R8 qui sont très contemporaine et réussissent à marquer leurs territoire de manière indélébile.

Revenons au marché algérien si vous le voulez bien pour parler de la part du segment haut de gamme. Ne pensez-vous pas qu’il reste très modeste par rapport aux potentialités du marché ?

Je pense qu’il existe deux raisons fondamentales qui font que le segment haut de gamme reste assez modeste. L’indisponibilité des produits fait que sur certains mois, on se retrouve avec zéro livraison, ce qui veut dire que le concessionnaire n’a pas de produit disponible. Le Premium est un segment qui offre la possibilité de personnaliser la voiture, mais cela prend beaucoup de temps. Aussi, le client doit pouvoir essayer la voiture de son choix avant de la commander. C’est un des paramètres important dans le fonctionnement d’une marque haut de gamme. Cet aspect aussi nous l’avons pris en charge, et dès la semaine prochaine, il y aura dans nos structures des modèles d’essai destinés à la clientèle. Nous mettrons à la disposition de nos clients l’Audi A1, l’A3, le Q3 et le Q5.

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Comment expliquez-vous le choix des constructeurs spécialistes de se risquer avec succès dans les segments inférieurs alors qu’inversement, les généralistes n’arrivent pas à s’imposer dans les segments supérieurs ?

Qui peut le plus peut le moins ! Vous savez, ce sont des choix stratégiques faits par les constructeurs Premium. Dans le futur, il est nécessaire pour un constructeur qui veut financer ses investissements en recherche et développement, d’être présent avec la gamme la plus large possible et touchant à tous les segments de marché. Cela veut dire aussi que la notion de Premium n’a plus aucun lien avec la taille du véhicule. Les constructeurs ont besoin de l’assise la plus large possible et c’est cette raison qui les pousse à travailler dans toutes les catégories. Le Premium est une histoire de choix de type de produit, de finition, de qualité et d’équipements. Depuis l’Audi 80, les marques Premium sont descendues en taille et se sont diversifiées. Le dernier exemple est la A1 qui est une petite voiture en taille mais raffinée et luxueuse. Pour les marques généralistes, le challenge réside dans la construction de l’image et cela prend énormément de temps. Il existe des exceptions comme Lexus qui est une nouvelle marque et qui marche bien aux Etats Unis. Les constructeurs allemands ont fait des études prospectives qui ont durées 10ans. C’était dans la perspective de l’arrivée de concurrents nouveaux comme les sud-coréens. Aujourd’hui, ils récoltent le fruit de cette réflexion de fond qui les a menés à prendre les bonnes décisions qui consistent à redoubler d’effort dans le Premium, domaine qu’ils maîtrisent parfaitement, qui est leur culture et leur vocation.

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Dans la gamme Audi Algérie, quel est votre cheval de bataille ?

Nous avons la chance de disposer aujourd’hui de plusieurs modèles très prisés par le marché. Je peux citer le SUV Q5 qui a véritablement lancé la marque. Il est soutenu efficacement par la petite A1 qui, après une période de lancement assez lente, a trouvé sa vitesse de croisière. Il y a bien sûr l’A3 qui reste une des valeurs sûres de la marque et enfin le Q3 qui est récemment arrivé pour conforter notre présence dans la catégorie des SUV. Globalement ce sont ces quatre modèles qui constituent les piliers de la marque Audi sur le marché algérien. Notre offre est très large même si nous n’importons pas tous les modèles de la gamme. Nous avons par exemple les modèles All Road que nous n’importons pas, je trouve que ce sont des voitures fabuleuses, qui sont très bien adaptées à l’environnement algérien. Malheureusement, il n’y a pas de demande pour ce type de modèles qui sont perçus comme étant des modèles break.

 

 


Razmjena

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