Entretien avec Pierre Vierendeel, Directeur Général Hyundai Motors Algérie: «Notre but, satisfaire nos clients»


Arrivé à la tête de Hyundai Motors Algérie il y a à peine deux mois, Pierre Vierendeel compte apporter son expérience pour redonner à la marque sud-coréenne un nouveau souffle. Restructuration, ressources humaines et développement des services sont les sujets sur lesquels il s’est étalé lors de cet entretien qu’il a bien voulu nous accorder.

Votre venue en Algérie est encore toute fraiche, et votre regard sur le marché de l’automobile algérien est encore assez détaché. Quelles sont vos impressions, vos analyses et quelle en est votre perception ?

Il est vrai que je ne suis en Algérie que depuis deux mois, ce qui ne me permet pas de dire que je suis un spécialiste du marché de l’automobile algérien. N’empêche que j’ai pu constater durant cette période que celui-ci est caractérisé par une qualité extraordinaire. C’est un marché très dynamique où la demande se manifeste sur tous les segments de marché, qu’ils soient particuliers, utilitaires ou lourds. Selon mon analyse et ma constatation, je présume que le vécu et l’histoire des algériens en termes de consommation fait qu’aujourd’hui, face à des offres très larges et diversifiées, ils manifestent leurs désirs d’accéder à la possession d’un véhicule avec tout ce que cela symbolise comme liberté de mouvement et affirmation de soi. Pour ce qui est des véhicules utilitaires et lourds, la croissance s’explique par les nombreux projets initiés par les autorités dans le cadre de nombreux plan s de développement du pays. Par ailleurs, je voudrais dire que cette forte demande exprimée par le marché sur tous les segments, indique bien que le pays est en bonne santé économique. Ceci est donc une preuve d’une évolution positive de l’économie algérienne. C’est une situation conjoncturelle qui fait des envieux sur de nombreux marchés, particulièrement en Europe.

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Vous êtes à la tête de Hyundai Motors Algérie, une marque sud-coréenne qui n’a pas une très longue histoire, puisqu’elle n’a été créée qu’en 1967. Ce label est d’autant plus jeune sur le marché algérien, vu qu’il n’est présent que depuis 13 ans. Est-il un défi ou un challenge pour vous en tant qu’européen de gérer une marque asiatique dans un marché africain, maghrébin ? Qu’est-ce qui vous a motivé de venir en Algérie et de travailler chez Hyundai ?

Avant de répondre à votre question, permettez-moi de vous signaler que j’ai commencé ma carrière en Europe, en représentant la marque japonaise Toyota à une époque où elle n’avait pas un très fort succès. J’ai par la suite travaillé pour une autre marque japonaise de deux roues, Yamaha, avant d’intégrer le groupe Volkswagen. Ces deux expériences avec Toyota et Yamaha, m’ont permis de bien connaitre la culture asiatique. Même si l’on dit souvent qu’entre les coréens et les japonais, il y a une forte rivalité, on dit aussi qu’ils se connaissent bien et sont toujours proches les uns des autres. Pendant toute cette période, je voyais l’émergence  de Hyundai dans de nombreux pays. Si au début les grands constructeurs n’en faisait pas un cas, il est clair qu’au bout d’un certain nombre d’années, le groupe Hyundai a réussi à s’imposer sur des marchés très exigeants, comme ceux des Etats-Unis et d’Europe. Aujourd’hui, ce groupe est positionné à la quatrième place du classement des constructeurs et affiche une ambition légitime d’aller de l’avant. C’est donc pour moi une opportunité intéressante de venir travailler en Algérie pour cette marque sud-coréenne, particulièrement en raison des nombreux défis que nous voulons, chez Hyundai Motors Algérie, relever.   Sachant que la marque Hyundai connait un succès grandissant, il est clair que notre priorité est de consolider les acquis tout en mettant en place les bases d’une nouvelle organisation avec des outils performants dont le facteur humain doit être le centre de nos préoccupations. Je suis donc venu pour apporter ma modeste contribution et avec toutes les équipes de HMA, pour relever ces défis.

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Vous avez récemment fait une petite intervention dans laquelle vous avez établi un petit bilan de Hyundai. Quelles sont les actions immédiates que vous prévoyez en tant que premier responsable de la marque ?

Il est évident que mon prédécesseur, M. Omar Rebrab, a parfaitement réussi à faire grimper Hyundai à des niveaux de volumes extraordinaires, en peu de temps. En partant, il nous fait un beau cadeau en nous laissant un parc de 300 000 voitures. Sa grande force a été de pousser ses troupes à aller à la conquête du marché. Pendant toutes ces années sa démarche s’est articulée autour de l’activité commerciale, ce qui lui a permit de placer Hyundai en tête des ventes pendant quatre années de suite. Aujourd’hui, la marque est légitime et les consommateurs lui reconnaissent de nombreuses qualités telles que la fiabilité, la robustesse et la richesse de la gamme. Pour la faire progresser, il est nécessaire de recadrer l’organisation de l’entreprise par la mise en place de nouvelles méthodes de travail. Les ressources humaines vont faire l’objet d’une attention particulière, car pour moi la stabilité d’une équipe est le socle de la culture d’une entreprise, de son histoire et de son identité. Un organigramme est déjà mis en place reste maintenant à placer les bonnes personnes aux bonnes places. Seconde priorité, la modernisation de la gestion des flux de marchandises. Il nous faut connaitre l’évolution de la commande à partir du moment où nous la manifestons à notre fournisseur coréen, jusqu’au moment où elle livrée au client. Aujourd’hui nous n’avons malheureusement pas de visibilité précise, concernant les véhicules.  Je vais donc mettre une équipe de consultants extérieurs et intérieurs pour ne plus connaitre ce genre de problèmes.

Ma troisième priorité est de m’attaquer à la  problématique de l’après-vente. Celle ci ne sera réglée qu’avec une plus grande disponibilité de pièces de rechange. C’est la raison pour laquelle je vais me déplacer dans deux semaines à Dubaï, pour mettre fin à ce problème. Je vais également devoir engager un nouveau directeur après-vente qui sera vraisemblablement un expatrié. A ses côtés, deux cadres algériens seront recrutés. Ils doivent justifier d’un potentiel pour évoluer par la suite et accéder aux postes décisionnels. C’est trois priorités vont être couverte par un autre projet qui est plus que nécessaire. Il s’agit de l’intégration d’un système de management et de gestion intégré. Nous allons signer un contrat d’acquisition de cet outil, avant la fin du mois d’Avril. Il est impératif de passer à un mode de gestion moderne et efficace car nous sommes une entreprise qui emploie 600 personnes et qui importe plus de cinquante mille véhicules par an. 

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La grande réputation de Hyundai aujourd’hui, est sans doute l’entrée de gamme. Juste au-dessus de celle-ci, la marque n’existe quasiment pas. Avez-vous réfléchi à un moyen pour donner aux autres segments de vèhicules particuliers de la marque une place sur le marché ?

Toutes les actions que je compte initier et mettre en œuvre ont pour but de redonner à Hyundai une image plus conforme à ses potentialités. Il est vrai qu’aujourd’hui, nos résultats sont réalisés en majeure partie grâce aux modèles d’entrée de gamme. Il nous faut donc retravailler l’image est cela passe aussi par la réorganisation que je viens d’évoquer. Notre politique doit impérativement changer et ce changement ne sera effectif que lorsque les nouvelles bases de travail seront là. Une fois installée, cette nouvelle organisation permettra à nos équipes commerciales de travailler efficacement pour proposer une gamme qui couvre tous les segments de marché. Je pense que nous avons un véritable potentiel pour être présent de manière significative sur les segments moyen et haut de gamme, la qualité de nos produits est évidente, à nous de faire en sorte pour lui permettre d’émerger et de s’imposer. Cela ne se fera certainement pas en un clin d’œil, puisque la remise à niveau de notre réseau de distribution est un autre chantier auquel je vais m’attaquer pour reconstruire l’image dans le respect des standards de la marque et atteindre le but qui consiste à satisfaire notre clientèle.

Pour atteindre vos objectifs de restructuration et de réorganisation, pensez-vous avoir carte blanche ?

Sincèrement, depuis le premier jour, je n’ai senti aucun obstacle de quelque nature que ce soit. M. Omar Rebrab à permit à Hyundai une réussite formidable en la hissant à des niveaux de volumes extraordinaires. Maintenant il a décidé de partir et je suis ici pour mener à bien une mission difficile qu’il m’a confiée. Je veux travailler dans la transparence et en aucun cas je n’utiliserais un langage de bois pour dire que tout est parfait.  Je dois être clair et franc dans ce que je veux faire afin que l’entreprise puisse encore évoluer.

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Vous venez d’introduire la nouvelle Elantra en motorisation essence alors que le diesel est prédominant sur son segment. Quelle est votre appréciation? 

Je pense que le constructeur, dans un premier temps, axe sa production sur des versions animées de motorisations essence, par la suite la production de modèles diesel sera effective et à ce moment là nous la proposerons à nos clients. J’ajoute que nous ne pouvions pas ne pas exposer cette nouveauté lors du salon, cela permet aux visiteurs de découvrir le modèle et pourquoi pas, de s’informer de ses caractéristiques techniques dans l’éventualité d’une acquisition.   

 


Razmjena

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