Noureddine Hassaim, Directeur Général Toyota Algérie “Je souhaite davantage de maturité”


Rencontré lors du dernier Salon de l’automobile d’Alger, Nouredine Hasaim, le directeur général de Toyota Algérie a bien voulu nous parler des marques du groupe qu’il représente. Ecoutons-le.

Le mensuel de l’Automobile:
La présence au Salon d’Alger de la Prius, premier modèle hybride au monde, obéit-t-elle à la volonté de Toyota Algérie d’adopter la même démarche que le constructeur qui consiste à lutter contre les émissions polluantes ?
M. Noureddine Hassaim:
Effectivement, Toyota Algérie ne peut aucunement être en décalage par rapport à la démarche prônée par le constructeur. Nous nous devons en tant que représentant d’adopter la même vision de celle de notre constructeur qui, comme vous le savez, dès les années 1980 a fait le choix d’aller vers l’hybride qui est jusqu’au jour d’aujourd’hui la solution la plus efficiente pour diminuer les émissions de CO2. Cette démarche symbolisée par la Prius a permis à Toyota de détenir la place de leader sur ce type de technologie. Cela lui a aussi permis de se construire une forte image de constructeur respectueux de l’environnement. Pour notre part et en tant que Toyota Algérie, je peux vous dire qu’en raison des priorités de notre marché, nous sommes en retard par rapport à cette initiative qu’on aurait dû prendre il y a peut être trois ou quatre ans. Il faut savoir qu’à ce moment là, on était encore en négociation avec le constructeur pour pouvoir importer des motorisations aux normes européennes. Maintenant, même s’il est vrai que la Prius hybride n’est pas commercialisable de suite sur notre marché, il n’en demeure pas moins que nous avons voulu par sa seule présence sur le Salon d’Alger provoquer le débat sur la préservation de notre environnement et sur les technologies du futur. Cela ne sera possible que si notre environnement  évolue pour devenir plus favorable à ce type de technologie qui devrait bénéficier d’une part d’une réduction importante des taxes pour encourager le marché et d’autre part, il est indispensable d’élever la qualité de notre réseau routier ainsi que celui de notre carburant.

Pouvez-vous nous dire quelle est la solution la plus efficace selon Toyota pour préserver l’environnement sachant que certains constructeurs tablent sur l’électrique, d’autres sur l’hybride et d’autres encore sur les deux solutions en même temps ?
Notre constructeur Toyota ne néglige aucune voie qu’elle soit celle de l’électrique ou celle de l’hybride. Néanmoins, la solution hybride qui a été préconisée et mise en œuvre dans les années 80 avec la première génération de Prius a permis de faire avancer le combat contre la pollution. Par ailleurs, Toyota s’est construit une forte image en étant le précurseur de cette technologie dite hybride qui consiste à utiliser un moteur atmosphérique et un moteur électrique. Depuis, les budgets en recherche et développement se sont multipliées et à ce titre, tous les constructeurs ont suivi la démarche de Toyota en prenant le train en marche pour revendiquer des solutions qui permettraient selon eux de réduire les taux de CO2.
Au jour d’aujourd’hui et pour répondre à votre question d’une manière claire, il est difficile de donner un pronostique sur la voie qui sera choisie par Toyota comme unique réponse à ce grand problème qui est la préservation de l’environnement. C’est pour cela que je pense que pour l’instant, il n y a pas de solution unique. L’hybride essence initiée par Toyota est aujourd’hui rejoint par l’hybride diesel de Peugeot peuvent offrir une solution immédiate et efficace sans contrainte sur la mobilité. En revanche, la solution électrique si elle présente l’avantage du tau 0 émission butte sur des problèmes d’autonomie qui en font une solution éventuellement urbaine uniquement.

Revenons si vous le voulez bien à votre exposition où je constate que vous introduisez le 4x4 Fortuner équipé du 3.0L D4D de 163ch et d’une boite de vitesse manuelle de cinq rapports. Ne pensez-vous pas qu’au regard de sa masse et de son volume, il aurait mérité une boite de six rapports pour un meilleur agrément de conduite ?
Le Fortuner que nous introduisons pour la première fois en Algérie est commercialisé sur d’autres marchés avec des boites de vitesse manuelle et automatique de six rapports.
Nous avons choisit de l’importer avec une boite de cinq rapports car sur cette motorisation de 3.0L D4D 163ch, il n’est pas disponible en boite de six rapports. Ceci dit, l’étagement dont bénéficie sa transmission lui permet de revendiquer un agrément de conduite tout à fait honorable et un niveau de rendement qui n’a rien à envier aux meilleurs de sa catégorie. Le Fortuner vient pour compléter notre offre de modèles tous terrains et son positionnement lui permet d’afficher des ambitions légitimes pour conforter notre domination sur ce segment de marché. Pour être plus précis, je dirai que nous prédestinons au Fortuner une cible clientèle qui n’a rien à voir avec un usage citadin puisque ce modèle dispose de caractéristiques largement orientées vers une utilisation soutenue sur terrain difficile avec des performances de franchissement redoutables. C’est cet aspect que nous avons privilégié par rapport à un agrément de conduite sur l’asphalte.

Passons si vous le voulez bien à Subaru qui depuis que vous l’avez reprise n’a pas connu l’essor qu’elle aurait mérité. Quelles en sont vos explications ? 
Le cas de Subaru est intimement lié à la méconnaissance du public algérien des caractéristiques de cette marque. Excepté les passionnés de l’automobile qui eux lui reconnaissent ses grandes qualités et ses prestations dynamiques uniques, il nous a été difficile de mettre en avant ce label que nous avons repris à une période de fort ralentissement du marché. Aussi, Subaru s’adresse à une clientèle spécifique qui a sa propre philosophie de l’automobile. Cette philosophie s’articule autour d’un certain nombre de valeurs telles que performances accrues, tenue de route époustouflante, un niveau d’équipements élevé et qualité de fabrication irréprochable. Ces valeurs positionnent Subaru dans un segment de marché limité en raison de ses tarifications élevées par rapport au niveau de notre marché. C’est donc une marque qui s’adresse à une niche de notre marché et c’est ce qui explique aussi sa timide évolution. Néanmoins, nous sommes très confiants quant à une rapide progression de ce label sur notre marché particulièrement en cette période ou nous assistons à une redynamisation du segment haut de gamme.

Toujours dans le même esprit ou vous évoquez la redynamisation du segment haut de gamme, ne pensez-vous pas qu’il serait opportun de lancer votre label Lexus ?
Si nous nous sommes montrés réticents à introduire sur notre marché la marque haut de gamme Lexus, c’est principalement en raison de son contenu technologique très élevé, exigeant un environnement adapté à ses caractéristiques. Pour nous, il ne s’agit pas d’enrichir notre offre par l’arrivée de nouvelles marques et de nouveaux modèles sans au préalable être assuré que toutes les conditions étaient réunies pour la bonne évolution de ces marques ou modèles.  C’est d’ailleurs ces mêmes exigences que nous imposent nos différents partenaires du Groupe Toyota. Aussi, je dois dire que tout l’aspect après vente doit être pris en compte de la manière la plus rigoureuse afin de garantir un service à la hauteur des attentes des clients de la marque Lexus qui restent différents des autres clients de nos autres marques. Lexus est un label haut de gamme évoluant dans le segment des tous terrains de luxe et à ce titre, son lancement ne sera effectif que lorsque toutes les conditions seront réunies.

Les chiffres de vente communiqués par les différents concessionnaires font croire à un retour de la croissance.  Etes-vous optimiste par rapport à cela ou pensez-vous que c’est juste un feu de paille ?
Objectivement, je suis optimiste quand au retour de la croissance sur notre marché car la demande et les besoins en mobilité n’ont jamais pu être totalement satisfait et ce début d’année, ils se manifestent de la manière la plus évidente. Actuellement, l’Algérie connait de fortes mutations sociales et le gouvernement encourage les investissements en prenant des mesures de facilitation pour redynamiser l’activité économique et l’emploi pendant que notre réseau routier s’améliore de plus en plus. Tous ces facteurs me font croire fortement en une croissance du marché 2011 et des années à venir. A nous maintenant de savoir nous adapter à ces besoins exprimés par le marché en essayant d’offrir le meilleur produit avec le meilleur service au meilleur prix. Je prévois pour cette année 2011 une croissance qui se situerait entre 7 à 10% mais il faut rester raisonnable et ne pas croire à la même poussée du marché que l’on a connu entre 2006 et 2008. Je pense que le souhait de tout un chacun est de voir notre marché maturer afin que les distributeurs puissent prévoir et assumer leurs responsabilités en connaissance de cause.
Aussi je dois ajouter que nous nous devons de faire en sorte à élever le niveau du débat sur les métiers de l’automobile et je pense que c’est la tendance qui se dessine depuis quelques temps déjà et j’en veux pour preuve le niveau de qualité atteint par le Salon d’Alger lors de cette 14ème édition.


Razmjena

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