Les conditions actuelles ne favorisent pas l’investissement


La fin du premier semestre 2010 a été l’occasion de faire un détour chez Peugeot Algérie pour voir Marc Bergeretti, Directeur général, afin de lui poser quelques questions auxquelles il a aimablement accepté de répondre.

Le mensuel de l’Automobile:
Quelles sont vos appréciations sur le déroulement du premier semestre 2010 ?

Marc Bergeretti, Directeur Général de Peugeot Algérie:
En termes de marché, pour ma part je considère que ce premier semestre 2010 a été marqué par deux périodes distinctes : La première est celle du premier trimestre qui a vu l’activité commerciale toutes marques confondues, ralentir de manière significative. Sur cette période, la baisse a été estimée à -20% par rapport à la même période en 2009. Le second trimestre a par contre connu un certain regain du marché qui a vu l’ensemble des opérateurs retrouver un semblant de croissance pour au final et au cumul enregistrer un semestre à -12% par rapport à la même phase, l’an dernier. Cela est en fin de compte une bonne surprise, car il faut bien comprendre que sur n’importe quel marché, la suppression des financements a des conséquences désastreuses sur le marché alors que chez nous, l’activité se maintien bien. Ceci dit, je pense qu’il est encore trop tôt pour conclure à un véritable retour de la croissance, je préfère rester prudent d’autant plus que nous n’avons pas de véritables outils de mesure qui puissent nous éclairer sur les évolutions du marché. Après les difficultés du premier trimestre, le dynamisme du second ne doit pas nous enflammer surtout qu’une nouvelle loi de finance complémentaire va bientôt voir le jour. Espérons qu’elle ne sera pas de nature un donner un nouveau coup de frein à notre activité.

A priori vous n’avez donc aucune explication rationnelle à ce semblant de retour de la croissance constaté lors du second trimestre ?

Non ! Très honnêtement je préfère dire que je ne sais pas plutôt que d’avancer des hypothèses qui ne tiennent pas la route. Sur le fond et indépendamment des chiffres et des pourcentages des uns et des autres et au risque de me répéter, sur tous les pays européens, la suppression du crédit a pour conséquence immédiate la chute brutale et instantanée des volumes. C’est donc une bonne surprise pour nous de constater que le marché se maintient malgré tout. La seule explication plausible que je pourrais avancer est liée au fort besoin en mobilité qui caractérise la société algérienne. Le besoin d’accès à la possession d’un véhicule est tel que des solutions sont mises en œuvre dans les familles dont les membres se mobilisent en apportant chacun sa contribution pour permettre cette acquisition.
Nous remarquons depuis quelques temps que la gamme Peugeot est de mieux en mieux équipée. Est-ce que cela n’explique pas le fait qu’elle soit pénalisée en termes de performances commerciales au regard de ses prix élevés à l’image de 206 Sedan ?
Effectivement, par rapport à nos concurrents je pense que notre gamme est bien plus équipée. Cela distingue bien nos produits qui sont aujourd’hui orienté vers la catégorie premium, chacun dans sa catégorie. Cette orientation premium de notre gamme peut paraître pénalisante sur un marché à vocation d’accès à la possession d’un véhicule, c'est-à-dire d’entrée de gamme. Nous sommes bien conscients que le cœur de marché est situé entre 600 et 900000DA. A ce niveau de prix nous n’avons pas de produit à proposer, ce qui nous exclu de fait du segment de marché le plus important celui des véhicules tricorps à bas prix. De notre coté, nous restons fidèles aux valeurs de la marque qui consistent à offrir des produits avec un certain niveau de prestations avec un succès jamais démenti, je pense par exemple à 207, 308, et les Partner Nouveau et Origin. Ces modèles à succès nous confortent dans notre choix de continuer à proposer des véhicules de qualité et les dépouiller de quelques équipements pour baisser leurs prix et ainsi augmenter notre volume serait une démarche qui ne correspond pas avec nos standards.
Pour ce qui est de 206 Sedan, je ne suis pas d’accord avec vous dans le sens où ce modèle a souffert de l’irrégularité des approvisionnements qui se font en dents de scie. Il n’échappe à personne que cette voiture est importée d’Iran et actuellement ce pays a aujourd’hui des relations compliquées avec le reste du monde. Cela tend à se répercuter sur notre travail avec notre fournisseur Iranien et au final complique notre tâche vis-à-vis de notre clientèle a laquelle nous ne sommes pas capable de dire par exemple les délais de livraison de cette voiture. A partir de là, il m'apparaît difficile de promouvoir un modèle, pourtant aux qualités indéniables, et lui permettre de connaître une carrière honorable. Ce n’est pas tant son niveau d’équipement élevé qui pénalise sa carrière, car nous avons quand même pu contenir son prix à un niveau raisonnable, c’est plutôt l’irrégularité des arrivages qui en est la cause.
Quelles sont vos premières impressions sur les débuts de carrière de 3008 essence et HDI ?

Première chose qui me vient à l’esprit, c’est que 3008 est un modèle qui rencontre un succès retentissent sur tous les marchés où il est commercialisé. Cela est un avantage pour nous mais peut aussi être considéré comme un inconvénient dans le sens où son succès risque de nous pénaliser en termes de disponibilité, mais je dois dire que cela est de mon devoir de défendre les intérêts de Peugeot Algérie. Si maintenant on fait la distinction entre les versions essence et diesel, je dois dire que pour nous il était impératif d’obtenir cette version HDI que nous venons de lancer, car sur notre marché et sur ce segment, il est clair que la majorité des commandes sont en motorisation Diesel. Maintenant et pour répondre clairement à votre question, mon sentiment est que ce modèle dispose de nombreux atouts pour réaliser une bonne carrière. Son style moderne et plaisant, ses attributs en termes de dynamisme, de confort et de sécurité peuvent en faire le véhicule de la famille par excellence. J’estime que 3008 en année pleine peut séduire au minimum 500clients par an, mais j’espère qu’il arrivera au double.

Comment préfigurez-vous la participation de Peugeot au prochain mondial de l’automobile ?

Peugeot va certainement respecter la tradition qui consiste à proposer aux visiteurs du mondial une grande nouveauté et des concepts car. Cette année, je pense que la grande vedette de notre stand sera la berline haut de gamme 508. A ses cotés des études de style préfigurant l’avenir automobile selon Peugeot seront exposées. Même si cela ne correspond pas à nos besoins immédiats, je pense que les évolutions que connaît l’industrie automobile seront largement mises en avant lors de cette manifestation. Il sera donc très intéressant de découvrir ces nouveautés technologiques faites de moteurs Hybrid. Parmi elles, il y aura certainement le 3008 Hybrid 4 qui sera équipé du même moteur HDI que nous commercialisons en Algérie associé à un moteur électrique d’une puissance supplémentaire de 40ch. Ce 3008 sera également doté d’une transmission 4X4 permanente. A ses cotés, je pense que vous découvrirai le modèle emblématique des efforts faits par la marque dans le domaine de l’électrique. Je veux parler de l’Ion, qui est un véhicule 100% électrique développé en collaboration avec Mitsubishi. Ce modèle sera vraisemblablement une des attractions du Salon en raison des solutions innovantes qu’il préconise afin de lutter efficacement contre la pollution. A ce titre, j’ajouterais que Peugeot ne cesse de déployer des efforts considérables pour limiter à 130grs de CO2 par Km tous les modèles de la gamme.

Dans le même ordre d’idée, ne pensez vous pas que les rapides évolutions technologiques que connaît l’industrie automobile risque de voir les constructeurs proposer des modèles de plus en plus évolués, donc inadaptés et invendables sur des marchés comme le notre ?
Effectivement, vous touchez là un sujet très sensible et auquel nous devons tous réfléchir, car la course à l’hybridation et la chasse au CO2 entraînent des moteurs de plus en plus évolués, marqué entre autres, par ce qui est communément appelé le « Down Sizing » qui consiste à développer des moteurs de plus en plus petits mais en revanche toujours plus puissants. A ce titre les 1.6L de 3008 de 156ch ou le 1.6L de RCZ de 200ch sont là pour nous dire que les mécaniques sont de plus en plus pointues et donc de plus en plus chères. Si on ajoute à cela l’apport de moteurs électrique pour offrir des ensembles Hybrid qui correspondent à des besoins dans des pays européens ou d’Amérique du nord, il est clair que pour nous ces technologies sont inaccessible pour nos clients, d’autant plus que l’environnement dans lequel nous évoluons est loin d’être prêt à accueillir ce types de technologies. Cela est valable aussi dans des pays d’Amérique du sud et c’est pour cela que chez nous, Peugeot, nous avons anticipé sur ces évolutions en étant à même de répondre à des besoins aussi diversifiés que ceux que nous constatons en Europe ou ailleurs.

Pouvez-vous nous dire votre sentiment sur votre partenariat avec la FAF ?

Je suis très fier de notre soutien au football algérien en général et au verts en particulier. Je dois dire qu’aussi bien en interne qu’en externe, l’impact de cette action a été très positif. Cette relation, je la souhaite sur la durée afin d’apporter notre contribution au développement du football en Algérie.

Pour finir, quelles sont vos projets pour les prochains mois?
Nous allons continuer notre programme de développement réseau initié il y a quelques temps déjà même si les conditions actuelles ne favorisent pas l’investissement au regard d’une absence de lisibilité qui nous permette d’anticiper et de faire les bons choix.


Razmjena

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