M.Ali Hamoutène, Directeur Général d’Elsecom Maruti : “Nous investissons
C’est dans une atmosphère conviviale que nous a accueillis M. Ali Hamoutène, Directeur Général d’Elsecom Maruti, pour nous parler des réalisations accomplies et celles à venir.
Le mensuel de l’Automobile :
Vous distribuez Maruti depuis 2001. Comment évaluez-vous le chemin parcouru ?
M.Ali Hamoutène :
Cela fait effectivement sept ans que nous avons introduit sur le marché Maruti en tant que marque automobile. Il faut d’emblée dire que même au sein de l’entreprise, il n’y avait pas grand monde qui croyait à son succès. Et là, je dois rendre hommage à M. Achaïbou qui tenait par-dessus tout à introduire ce modèle dans une conjoncture marquée par la prédominance des marques européennes et particulièrement françaises.
Au début, il est vrai que nous avons ressenti quelques réticences. Mais petit à petit, et plus rapidement que prévu, les clients, passées les premières interrogations, ont commencé à s’intéresser à ce véhicule très compact, mais offrant l’avantage de se déplacer en toute fiabilité pour un coût extrêmement réduit.
La suite vous la connaissez, puisque aujourd’hui, nous n’arrivons pas à satisfaire la demande, dans un marché certes en croissance, mais qui se distingue par la modestie des revenus de nos concitoyens. Notre offre est donc tout à fait légitime et le marché est là pour en témoigner.
Quel est le volume global que vous avez réalisé à ce jour ?
Depuis 2001 au jour d’aujourd’hui, nous avons commercialisé un peu plus de 40000 unités entre les Maruti 800, Zen et Alto. Je dois dire que les débuts n’ont guère étaient faciles, car il fallait construire l’image de marque de Maruti, dont personne ou presque n’avait entendu parler. Ce travail de longue haleine, on vient juste d’en finir la première partie, celle du lancement. Il faut maintenant consolider nos acquis en allant plus loin avec l’amélioration de la qualité des services.
Avec du recul, ne pensez-vous pas que Maruti est devenue un phénomène ?
On peut éventuellement voir les choses sous cet angle. Pour ma part, je retiens que les problèmes que rencontrent quotidiennement les Algériens dans leurs déplacements poussent nombre d’entre eux à se débrouiller pour accéder à la possession d’un véhicule. Mais, malheureusement pour la majorité, leur pouvoir d’achat demeure insuffisant pour se permettre des modèles qui dépasserent un certain budget. Il fallait donc proposer un modèle très accessible en termes de prix, mais sans rien sacrifier à la fiabilité. Et c’est là que Maruti peut être considéré comme un phénomène, car son origine indienne n’exclut en rien les fondamentaux de rigueur et de compétence. Conçu pour le marché domestique, ce modèle est devenu une référence automobile en Inde, puisqu’il dépasse les volumes de concurrents locaux autrement plus anciens et ceux des constructeurs à la dimension mondiale présents en Inde. La philosophie du constructeur est celle que nous appliquons ici, chez nous, en voulant apporter une solution de mobilité, selon les capacités financières du marché.
Dans le même ordre d’idée, vous mettez en œuvre un centre de maintenance à Dar El-Beïda, impressionnant par la qualité de ses prestations. A quoi cela obéit-t-il ?
Le centre de maintenance que vous connaissez et que vous évoquez est la traduction sur le terrain du grand respect que nous voulons témoigner à nos clients. Il est aussi le reflet de ce que doivent être toutes les infrastructures de la marque Maruti partout en Algérie. Nous voulons et nous ambitionnons améliorer les prestations de service à tous les niveaux, particulièrement en après-vente qui sera d’ici quelque temps la première référence des clients au moment d’acquérir un véhicule. Il s’agit, pour nous, de progresser en améliorant le niveau de satisfaction des clients par la mise en place d’infrastructures et de compétences à même de répondre aux besoins de la clientèle. Cette démarche s’inscrit dans une vision globale qui intègre le réseau d’agents distributeurs, afin d’offrir la même prestation à travers tout le territoire national. Pour l’exemple, nous avons mis en place un centre d’appel qui nous permet une récolte efficace d’informations. Cela nous aide à nous rendre compte des points à améliorer, des correctifs à apporter et des acquis à consolider.
L’évolution rapide du marché doit nous pousser à nous remettre en question tous les jours. Nous voulons construire une relation durable avec nos clients, en réalisant des investissements importants qui permettent de pérenniser, d’une part, l’entreprise et ses emplois et, d’autre part, la marque et sa place sur le marché. C’est cette vision sur le futur, basée sur la qualité des services, qui nous permettra de continuer à séduire une bonne partie de la clientèle.
Pensez-vous que ces investissements que vous comptez réaliser représentent une forte attente de vos clients, plutôt soucieux d'acquérir un véhicule ?
Il est vrai qu’au début de notre activité, nos clients ne se souciaient guère d’éléments tels que la garantie, la disponibilité de la pièce ou encore de la couleur de leur voiture. L’essentiel était qu’ils repartent avec un véhicule. Mais, les choses ont vite évolué. Aujourd’hui, les clients sont de plus en plus exigeants. Nous le voyons tous les jours et nous mesurons bien le chemin parcouru. Le marché a nettement évolué, nous nous devons de suivre cette évolution qui tend de plus en plus vers la qualité. Ces investissements sont donc une attente réelle de nos clients, même si elle ne se manifeste pas ouvertement. Il est donc juste de travailler aujourd’hui pour demain, quand la concurrence sera plus exacerbée et que le moindre client sera important à fidéliser ou à conquérir. J’ajoute que le succès actuel de nos modèles ne doit pas nous faire oublier que la concurrence se prépare déjà, ce qui veut dire que même si nous avons une longueur d’avance, il faut absolument anticiper sur l’avenir en se préparant à de nouveaux défis.
Justement, nous assistons à une offensive dans le segment « A » avec l’arrivée de nouvelles offres. Est-ce que cela vous inquiète ?
Avec une part de marché estimée à 18%, le segment A devient de plus en plus attractif, c’est normal. Mais sincèrement, la concurrence ne m’inquiète pas. Je pense que nous avons une longueur d’avance et que ce sera difficile de nous rattraper en raison de paramètres très objectifs, tels que la fiabilité reconnue de nos modèles, leurs tarifications inédites et surtout une image solide, très appréciée par la clientèle cible qui représente une large frange de la population.
Nous avons une longueur d’avance car nous sommes précurseurs en misant sur ce segment de marché qui se caractérise par ses propres valeurs. Nous les connaissons très bien pour les avoir identifiées, il y a longtemps déjà.
Vous n’êtes pas sans savoir que plusieurs constructeurs s'intéressent de plus en plus au segment des petites voitures. Qu’est-ce que cela vous inspire ?
Dans un marché mondial ouvert à la concurrence, il est tout à fait normal que les industries s’orientent vers les marchés où la croissance est importante. L’automobile est un secteur d’activité qui est partie intégrante de cette donne. A ce titre, il est logique que les constructeurs s'intéressent aux catégories des petites voitures, très compactes, peu chères pour s’adresser à la majorité des clients potentiels sur des marchés avec des pouvoirs d’achat limités. C’est le cas de Maruti qui, à sa création, avait pour objectif de se concentrer sur le marché domestique. Son rapide succès sur le marché local lui a permis d'acquérir une sérieuse expérience pour se lancer, certes timidement, sur les marchés de l’export, mais avec la conviction que le challenge était très interressant. Les resultats n’ont pas tardé à justifier la justesse de la vision du constructeur qui a compris avant beaucoup d’autres que l’avenir était peut-être dans des modèles très compacts tels que Maruti 800 où Alto. L’arrivée annoncée des grands constructeurs dans ce segment renforce la crédibilité d’une telle démarche.
Pour quelles raisons ne diversifiez-vous pas votre gamme ?
Vous n’êtes pas sans savoir que le constructeur Maruti dote sa production de véhicules d’un volant positionné à droite. Pour notre marché et d’autres à l’export, il construit les modèles Alto et Maruti 800 avec volant à gauche. Il est donc difficile de faire autrement dans l’état actuel des choses.
Quel est votre objectif pour cette année, sachant que l’an dernier, vous avez commercialisé 12500 unités ?
Notre objectif volume pour l’année 2008 se situe autour de 15400 ventes pour un volume importé de 16000 unités. Nous considérons que la croissance de notre volume devrait être sensiblement au même niveau de celle du marché, soit d’environ de 25%. Ceci dit, nous espérons que les périodes difficiles que nous avons connues avec les ruptures de stock de ce début d’année ne se renouvelleront pas.
Une extension de garantie, à trois ans par exemple, est-elle à l’ordre du jour ?
Actuellement nos modèles sont garantis 2ans et 50000km, au premier paramètre échu. Il est possible de proposer une garantie plus importante, mais cela se répercutera indéniablement sur les tarifications. Or, cela nous mettrait en porte à faux avec le marché qui n’a pas besoin de dépenser davantage pour un véhicule reconnu pour sa fiabilité et la robustesse de sa mécanique.
Un dernier mot pour finir cet entretien ?
Je voudrais surtout insister sur le fait que la croissance que connaît le marché ne doit pas nous faire oublier que notre responsabilité est d’offrir à nos clients la meilleure prestation possible. Pour nous, une nouvelle ère commence déjà, faite de nouveaux investissements dans la perspective d’une période autrement plus difficile, qui sera empreinte d’une concurrence soutenue. Nous investissons aujourd’hui, afin d’être prêts à ce moment là, où le marché se stabilisera. Ce sera le niveau de qualité du service qui fera la différence et nous comptons bien figurer dans le peloton de tête.

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