Une crédibilité ébranlée
Après Diamal, sous l’ère Gurvil, c’est au tour de Hyundai Motor Algérie de se démarquer en décidant unilatéralement de ne plus communiquer ses volumes de ventes mensuels.
Cette décision, discutable au demeurant, est loin d’avoir été prise à la légère. Ce concessionnaire, connu pour ses prises de position en faveur d’une plus grande transparence dans tout ce qui a trait aux différents aspects liés au métier de distributeur automobile, vient à sa manière, de briser le silence sur ce que la majorité de la corporation nomme « supercherie ».Ils sont en effet nombreux ceux qui ne croient pas à la véracité des volumes déclarés par Renault Algérie. Ces derniers indiquent une forte croissance des marques Renault et Dacia, allant à contre courant de la tendance générale du marché qui lui, connaît une baisse importante estimée à -25%.
C’est donc curieusement, et c’est le moins que l’on puisse dire et au risque de voir sa propre crédibilité ébranlée, que Renault Algérie, selon les résultats qu’il communique, affiche en 2009 une progression de +80% par rapport à la même période en 2008.
Malgré un réseau de distribution étoffé, une gamme adaptée et des prix très concurrentiels qui font de certains modèles Renault et Dacia des offres moins chères que certaines concurrentes Chinoises, il devient de plus en plus difficile d’imaginer les résultats affichés par Renault Algérie, particulièrement dans ce contexte de suppression du crédit, d’instauration de nouvelles taxes, sans compter les successives dévaluations du dinar.
Qu’à cela ne tienne, la décision de Hyundai souligne que l’entente et la confiance sont loin d’être de mise au niveau de l’association des concessionnaires AC2A et il est même très probable de voir dans les jours à venir, d’autres marques lui emboiter le pas en adoptant la même conduite.
En attendant, cette crise qui couve, comme nous l’avions signalé dans une de nos précédentes éditions depuis quelques temps déjà, risque de compliquer davantage les perspectives d’évolution du marché, sachant que le secteur n’a jamais pu évoluer sereinement en raison, entre autres, de la méfiance des uns vis-à-vis des autres.
C’est cette méfiance qu’a, semble t-il, réussi à conforter le patron de Renault, par son obsession à devenir leader.
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