Marché automobile : Une autre année noire en perspective !


Selon toutes vraisemblance, les automobilistes algériens et une large frange de la population qui rêve d’accéder à l’automobile ainsi que les entreprises, vivront une nouvelle année sans offre automobile. Une année 2021, blanche, ou plutôt noire, à l’image de sa devancière.

De passage à la radio nationale il y a quelques jours, le ministre de l’industrie Ferhat Ait Ali Braham, a coupé net l’herbe sous les pieds des postulants aussi bien à l’importation qu’à ceux qui ambitionnaient une aventure dans l’industrie.

Temps perdu

Depuis son arrivée au gouvernement, et après de longs mois d’attente, les algériens, savent maintenant à quoi s’en tenir. Il n’y aura pas d’importation, ni de véhicules neufs, ni d’occasion ! Certes, comme l’avance Ferhat Ait Ali, la situation économique et financière du pays est fragilisée par sa dépendance aux faibles revenus tirés des hydrocarbures, mais cela était de notoriété publique depuis 2014. A sa décharge, la Covid19 est venu compliquer cette situation et il est également compréhensible que les pouvoirs publics se doivent de tenir compte des priorités. Mais alors, pourquoi donc avoir tenue en haleine la population pendant de longs mois en annonçant la confection d’un nouveau cahier des charges ? Pourquoi avoir développé une plate-forme pour recevoir les inscriptions des postulants concessionnaires et industriels ? Pourquoi avoir annoncé un volume de 200 000 voitures à l’importation ? Pourquoi avoir annoncé la mise en place de quotas ? Et surtout, pourquoi tout ce temps perdu ? C’est à croire que depuis son arrivée au ministère de l’industrie, il n’y a jamais eu de sérieuse approche pour régler cette situation induite par la mise en place en 2012, d’une pseudo industrie ayant provoqué le désastre économique que l’on connait.

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Par ailleurs, il convient de rappeler que ce n’est pas la première fois que de tels revirements sont constatés. Au-delà des espoirs déçus des algériens, notons au passage que c’est l’image du pays qui prend un nouveau coup.

Mais revenons au marché de l’automobile qui va continuer à manger son pain noir, au moins pendant plusieurs mois encore. Si pour ce qui est de l’industrie, c'est-à-dire la fabrication des véhicules, particulièrement celle des véhicules dits de tourisme, ceci reste et restera du domaine exclusif des constructeurs car convaincu que notre pays ne dispose pas pour le moment, de moyens humains, financiers et technologiques pour s’aventurer dans cette voie. Il est donc logique que l’Algérie négocie au mieux l’arrivée d’un constructeur sérieux, de rang mondial, afin de fournir le marché national et peut-être exporter le surplus de sa production. L’Algérie dispose de nombreux atouts pour ce faire. A charge pour nous de valoriser ses potentialités telles que son marché intéressant, sa position géographique et sa main d’œuvre qualifiée et bon marché, pour ne citer que ces trois éléments.

Les postulants nationaux à cette activité industrielle, peuvent éventuellement s’orienter vers la fabrication de petits utilitaires, de Bus et de camions. Malgré les nombreux obstacles à franchir, cela reste du domaine du possible.

 

L’importation des véhicules, une nécessité !

Concernant les importations, il s’agit aussi bien des véhicules neufs que les occasions. Pour ces derniers et à la décharge une seconde fois, du ministre de l’industrie, effectivement il n’y a aucun intérêt pour les citoyens à se remettre à importer des VO de moins de trois ans. Les raisons sont nombreuses mais nous nous contenterons d’en citer trois. La première réside dans la cherté de ces voitures à l’achat, sachant que le particulier importateur ne pourra pas négocier un prix d’achat avantageux puisqu’il n’en achète qu’une voiture en général. La deuxième raison réside dans le fait que les VO sont actuellement aux normes Euro 6, donc non conçus pour l’export vers les pays d’Afrique. Troisième raison, les véhicules d’occasion importés ne bénéficient d’aucun contrat de garanti. Pour finir sur le véhicule d’occasion, il est préférable que les professionnels de la distribution automobile puissent avoir accès à ce marché au niveau local. Il sera profitable pour le trésor public, il créera des emplois et de la richesse et autorisera une sécurité que l’on ne connait pas sur ce marché. Sécurité de la transaction, sécurité sur l’historique du véhicule, et acquisition d’un VO dans un cadre transparent et réglementé.

Enfin, pour ce qui est des véhicules neufs, notre pays n’a pour le moment d’autres choix que de recourir, via des concessionnaires agréés, à l’importation. A charge pour les pouvoirs publics de mettre en œuvre les outils nécessaires au contrôle de cette activité très attendue par les algériens longtemps sevrés d’une offre automobile adaptée à leurs besoins.

Pour rappel, le marché algérien peut absorber dans des conditions normales environ 450 000 unités par an. La demande est donc largement insatisfaite depuis plusieurs années, aussi bien chez les particuliers que chez les entreprises. Un retour aux importations reste souhaitable, il permettra un début de retour vers la normale, si on considère que l’inexistence d’un véritable réseau d’après-vente, l’absence de plus en plus marquée de la pièce de rechange d’origine, et le recours aux pièces de contrefaçon, complique le quotidien de nos concitoyens quant à l’entretien de leurs vieilles voitures. Par ailleurs, si importation de véhicules neufs il y a, les prix sur les véhicules d’occasion connaitront certainement une baisse substantielle.  En effet, l’inexistence d’une offre sur le véhicule neuf a boosté la valeur des véhicules d’occasion au point où ces derniers ont atteint des prix qui les rendent hors de portée des citoyens. Aussi, cette rareté des véhicules neufs pousse aujourd’hui certaines administrations et des entreprises à rechercher un véhicule d’occasion pour leurs besoins quotidien. Cette situation inédite va certainement compliquer la situation économique déjà difficile du pays, en pleine crise multidimensionnelle. Il est donc urgent pour les pouvoirs publics de se pencher sérieusement sur cette question afin de mettre fin à cette situation.  


Razmjena

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