Véhicules d’occasion : Quelle solution ?


Le gel des importations des véhicules d’occasion annoncé par le ministre de l’industrie, suscite un débat houleux et sans fin.

Depuis quelques jours en effet, l’annonce faite par Ferhat Ait Ali, ministre de l’industrie, ne cesse d’alimenter les discussions aussi bien chez de nombreux citoyens, en attente de pouvoir enfin s’offrir une voiture, que chez les observateurs et autres professionnels de la distribution automobile. Les avis sont partagés et selon la position des uns et des autres, les discussions tirent en longueur sans jamais trouver un consensus sur les solutions à envisager. Pourtant il n’y a rien de sorcier à appréhender ce marché qui, rappelons-le, pèse deux fois plus que le volume du marché des véhicules neufs. Si on considère que dans des conditions normales, le marché des véhicules neufs avoisine les 400 000 unités par an, celui des véhicules d’occasion doit se situer autour de 800 000 unités. Le moins que l’on puisse dire est que ce marché, pourtant florissant, est loin de bénéficier de l’attention qu’il mérite, particulièrement de la part des pouvoirs publics.

Entretien et réparation hasardeux

Il est de notoriété publique que tout citoyen désireux d’acquérir un véhicule d’occasion, n’a d’autres choix que de consulter les annonces sur le web et sur les journaux ou d’aller s’aventurer dans un Souk. A partir de là, l’achat d’un VO deviens une entreprise très risquée en raison de ce qui suit. En effet, il est connu que la grande majorité des algériens entretiennent leurs voitures en dehors du réseau de la marque de leurs véhicules, particulièrement quand la durée de la garantie est arrivée à échéance. Dès lors, le recours à une main d’œuvre pas toujours qualifiée et surtout à l’usage de pièces de rechange non conforme à l’origine, généralement en raison des prix d’achat, laisse la porte ouverte à tous les risques de voir l’état du véhicule se dégrader rapidement. En outre, avec le temps, ce type d’entretien et de réparation non conforme aux standards de la marque du véhicule, fait de ce dernier un véritable danger aussi bien pour son conducteur que pour les autres usagers de la route. A ce titre, les statistiques des accidents montrent bien que malgré les nombreuses campagnes de sensibilisation, la tendance reste toujours à la hausse. Cette fâcheuse habitude à recourir à l’usage de la pièce de rechange non conforme s’accentue lorsque le propriétaire d’un VO décide de le vendre. Le souci majeur pour lui, réside dans le fait de présenter un véhicule en apparence propre, sans pour autant investir une somme importante. L’essentiel étant de donner à son véhicule un aspect attractif.

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Les Souks, une aventure à risques

De plus, il n’échappe à personne qu’au niveau des Souks, des spéculateurs agissent en maîtres des lieux en fixant à leur convenance les prix des voitures les plus demandées. Si on ajoute les conditions dans lesquelles se trouvent les Souks dans toutes les régions du pays, puisque dénués des moindres conditions de confort et de sécurité, il est aisé de penser que c’est à une véritable aventure que tout acheteur est confronté. Par ailleurs, le trafic des documents et du numéro de châssis, augmentent les risques pour les nouveaux propriétaires lors d’un contrôle de routine des forces de police ou de la gendarmerie. En effet, nombreux sont les citoyens ayant vécu cette mésaventure après le contrôle des documents qui se sont avérés falsifiés ou que le véhicule a été volé.  

Sans être exhaustif, on peut affirmer sans risque d’erreur que les risques liés à l’acquisition d’un véhicule dans un Souk restent importants. Mais le pauvre citoyen n’a pas d’autres choix pour le moment.

Pourquoi le VO doit intégrer le réseau des concessionnaires

Dans les pays avancés, soucieux de l’intérêt général, le véhicule d’occasion est distribué dans le réseau des concessionnaires, en marge du véhicule neuf. C’est ce qui est appelé le métier de la reprise. Cela n’empêche pas la possibilité d’acheter son VO chez un particulier. Ce métier de la reprise n’existe toujours pas chez nous et cela est regrettable au regard de ses nombreux avantages dont quelques-uns sont énumérés ci-après.

Un, l’achat d’un véhicule d’occasion chez un concessionnaire permet une transaction sécurisée, puisque réalisé dans un showroom, dans des conditions dignes et respectables.

Deux, l’acheteur peut négocier un contrat de garantie d’une durée d’au moins six mois.

Trois, le véhicule dispose d’un historique via son carnet d’entretien mentionnant toutes les opérations d’entretien et de réparation qu’il a subi lors de sa remise à niveau.

Quatre, le véhicule est délivré avec des documents authentiques et avec une facture, le risque de falsification est exclu.

Cinq, le concessionnaire qui s’investit dans la distribution des VO va créer des emplois (Commerciaux, techniciens pour l’atelier et magasin de pièces d’origine).

Six, le concessionnaire va collecter des taxes (TVA) au profit du trésor public.

L’exercice de ce métier dédié au véhicule d’occasion par des concessionnaires agréés, doit être séparé de l’activité et de la gestion des véhicules neufs, car c’est un métier à part et nécessite un personnel doté d’une expertise avérée, particulièrement lors de la reprise d’un VO. Souvent cette reprise est effectuée avec la perspective de vendre un véhicule neuf ou d’occasion plus récent que celui sur le point d’être repris. Le plus important pour le concessionnaire, réside dans le fait de faire le bon diagnostic afin de faire une bonne estimation des frais à engager pour la remise à niveau du véhicule mais également pour faire une offre au particulier venu avec l’espoir de repartir soit avec un véhicule neuf ou d’occasion plus récent que le sien.

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Le VO pour dynamiser le VN

Dans la perspective de la reprise des importations des véhicules neufs par des concessionnaires en attente d’être agréés, il est souhaitable que le ministère de l’industrie, ou celui du commerce, peut être plus indiqué, mette en œuvre un cahier des charges pour la gestion du marché VO. Les véhicules d’occasion sont bel et bien disponibles sur notre territoire, si l’offre de véhicules neufs devient effective, les possesseurs de VO pourront s’adresser au concessionnaire de leur marque afin de proposer à la vente leur VO dans la perspective d’acquérir un VN.

Enfin, nous ne terminerons pas ce petit tour d’horizon sur la problématique du VO avant de souligner que les véhicules d’occasion en Europe sont aux normes Euro6, ils ne sont donc pas adaptés à nos carburants. Cela risque de provoquer des pannes très couteuses. La preuve, au plus fort de l’activité des concessionnaires, les constructeurs, par crainte de voir leur image écorchée, ont toujours refusé d’exporter vers notre pays des modèles aux normes Euro5. Aussi, cela épargera au pays une sortie conséquente de montants en devises fortes, particulièrement quand on sait à quelle allure s'amenuisent nos réserves de changes. Alors, Euro6 ???

 


Razmjena

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