Pourquoi les véhicules importés coûteront cher ?


Alors que les candidats à l’importation des véhicules neufs continuent à affluer au Ministère de l’industrie pour s’inscrire sur la plate-forme digitale dédiée, les prix des véhicules en Europe tendent à augmenter sensiblement en raison de la nouvelle Norme « Euro-6.d full ».

 

Cette nouvelle norme anti-pollution, plus drastique que jamais, entrera en vigueur dès janvier 2021. C’est ce qui a obligé les constructeurs à revoir le contenu technologique de leurs modèles afin de l’adapter à ces nouvelles exigences de la législation européenne sur la dépollution. En conséquence, les tarifs sont revus à la hausse depuis quelques semaines.

A titre d’exemple, prenons les versions d’entrée de gamme en essence des Renault Clio, Peugeot 208 et Citroën C3, des modèles très appréciés par les consommateurs algériens. Depuis peu, la Renault est affichée dans sa version SCe de 65 ch en finition Life, au prix de 14 900 Euros. Sa rivale Peugeot 208 en version essence Pure Tech 75 est cédée en finition Like au prix de 16 000 Euros. Enfin, la C3 est proposée à partir de 15 200 Euros. Ces trois modèles n’ont pas été cités en exemple fortuitement, ils sont parmi les plus connus sur le marché algérien sur un segment de marché prépondérant. Aussi, la problématique des normes de dépollution Euro 6, de plus en plus drastique, sera impossible à respecter sur le marché algérien. Les futurs importateurs devront donc négocier l’achat de modèles équipés de moteurs d’ancienne génération, mais compatibles avec les caractéristiques de nos carburants. En tout état de cause, depuis la norme Euro5, les constructeurs ont toujours refusé d’exporter vers l’Algérie des modèles à ces normes au risque d’écorcher sérieusement leurs images respectives, sachant que les carburants en Algérie sont encore à Euro2 ou Euro3, ce qui est considéré à juste titre, comme une source très probable de nombreuses pannes.

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Les futurs concessionnaires devront donc être attentifs pour qu’au final ils puissent proposer des modèles adaptés au marché algérien. Cela étant, et compte tenu du fait qu’ils devraient négocier des volumes sur la base d’un plan de charge qu’ils auront eux-mêmes prédéfini, incluant les clauses du contrat de garantie et celle du marketing, ils leurs est possible d’obtenir des tarifs intéressants à l’export. Néanmoins, cela ne garantie en rien des prix de vente attractifs sur le marché algérien. Les raisons sont nombreuses et connues de tous, mais évoquons quelques-unes afin de comprendre comment est fabriqué le prix final que doit payer le client.

En considérant que le prix d’acquisition est établi à 9 000 Euros, et que 1 Euro est égal à 150 Da, la valeur du véhicule est alors estimée à 1 350 000 Da. A l’arrivée à un port algérien et en raison de l’accord d’association avec Union Européenne, les droits de douane de 15% ne sont pas pris en compte. En revanche, pour une importation en Dollars, effectuée à partir d’un pays asiatique, le trésor public encaisse 202 500 Da sur chaque véhicule. Une fois dédouané, il faudra tenir compte des frais d’assurance (5 000), des frais d’approche (15 000), des frais de transport (25 000), des frais de stockage en zone sous-douane (10 000), des frais bancaires et des frais de dédouanement (50 000) et enfin de la marge bénéficiaire du concessionnaire estimée à 15%, puis de la TVA à 19%. Il faudra rajouter la taxe sur l’activité professionnelle de 3% calculée sur la base du prix hors taxe du véhicule, plus la marge de 15%, soit 46 575 sur le cas cité en exemple. Finalement, cela nous donne un prix de vente de 1 969 317,50 Da. A ce montant, il faudra encore ajouter la taxe sur le véhicule neuf (100 000 Da si la cylindrée est de 1.2l ou moins). Ce qui donnera un prix final de 2 069 317,50 que le concessionnaire arrondira certainement à 2 070 000, 00 Da.

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Au regard de la cylindrée citée en exemple, le modèle ne pourra appartenir qu’à la catégorie des citadines du segment A ou à celle du segment B, plus connue sous le nom des polyvalentes. Il peut également s’agir d’une tricorps du segment B+, telle que Dacia Logan, Renault Symbol ou Hyundai Accent. Ces trois segments de marché représentent environ 70% du volume du marché.

Tenant compte des revenus de l’algérien moyen, il sera très difficile de retrouver un marché aussi dynamique que par le passé. Si on ajoute le fait que le système des quotas annoncé par le ministre de l’industrie, est mis en place, l’offre ne sera jamais à la hauteur des attentes du marché en termes de quantité. Ce qui favorisera certainement la spéculation et la croissance du prix. Par ailleurs, les bons véhicules resteront certainement inaccessibles pour la majorité des algériens. Car sur les segments supérieurs et à partir des compactes, en allant vers les SUV et les berlines, les clients algériens préfèrent rouler en motorisation Diesel avec des cylindrées comprise entre 1.6 et 2.0 l. Les modèles qui seront importés seront certainement affichés à partir de bien au-delà des 4 000 000 de Dinars, particulièrement en raison de l’importance des taxes sur le véhicule neuf prévues pour les véhicules à cylindrées élevées et dotés de mécaniques diesel.

Dans une autre perspective, il reste l’incertitude liée à la valeur du dinar. Aujourd’hui, au taux officiel, il s’échange à environ 150 Da pour 1 Euro. Qu’en sera-t-il d’ici à l’ouverture des importations ?

 

   


 


Razmjena

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